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Primaire à gauche: pourquoi le vainqueur du 3e débat est Arnaud Montebourg

Le 3ème et dernier débat de la primaire de la gauche a généré relativement peu de messages sur les réseaux sociaux. Mais parmi ceux-ci, c'est Arnaud Montebourg qui a été le plus cité, devant Benoît Hamon et Manuel Valls. 

 
 
Arnaud Montebourg jeudi soir lors du 3e débat de la primaire de la belle alliance populaire. Eric FEFERBERG / POOL / AFP
 
Le 3ème débat était celui le plus attendu, celui qui devait mobiliser les citoyens pour aller voter ce dimanche. Celui qui devait permettre de rentrer réellement dans le cœur des programmes et faire découvrir les hommes. Tous les espoirs étaient dans ce 3ème débat.

Force est de constater que le débat à été jugé plus animé et plus intéressant, mais pour autant les volumes durant le débat sont restés assez faibles avec 118.000 messages pour 2H30 de débat* (pour mémoire il y avait eu 300.000 messages durant le 3ème débat de la primaire de droite).

Les messages durant le 3ème débat portaient plus sur le fond et sur les mesures et programmes proposés par les uns et les autres, ce qui à clairement influé sur la répartition des parts de voix entre les candidats avant et après le débat.

Durant les deux journées qui ont précédé le débat, le 18 et le 19 janvier avant 21H, on avait pu constater que Benoît Hamon était passé devant Arnaud Montebourg, tout en restant derrière Manuel Valls qui restait le candidat le plus cité. Les messages sur l’ancien Premier ministre étant essentiellement pour citer et commenter l’épisode de la gifle. Un jugement et des discussions sur l’autorité et la réaction du candidat durant et après l’épisode.

Montebourg redevient le numéro 1

Benoit Hamon était donc le candidat qui montait sur les réseaux sociaux ces derniers jours et donc celui qu’il fallait absolument cibler durant le débat. Et finalement, le 3ème débat a changé la répartition des voix sur les réseaux sociaux. Le grand perdant a été Manuel Valls qui est passé en 3ème position entre le début du débat à 21H et la fin à 23H50. Une chute d’autant plus importante que les commentaires étaient plutôt critiques et négatifs sur sa posture et sur ces propos.

La visibilité sur les réseaux sociaux durant le débat est révélatrice de l’intérêt et de l’attention portée aux candidats. Un indicateur qui permet d’identifier des dynamiques et des logiques a 2 jours jours d’un scrutin avec de très nombreuses inconnues.

Arnaud Montebourg est le vainqueur du débat car non seulement il arrive en 1er mais il est remonté de la 3ème à la 1ère place. Une évolution de sa visibilité liée à ces soutiens qui se sont largement mobilisés sur les réseaux sociaux et en particulier sur Twitter, mais aussi grâce et à ses prises de paroles. Il est perçu comme le plus solide et le plus crédible pour faire évoluer la France et appliquer ses promesses et son programme. Arnaud Montebourg sera t il l’homme qui saura mobiliser POUR et conduire les citoyens aux urnes ce dimanche ?

Par Véronique Reille Soult de Dentsu Consulting

challenges.fr

* Source Visibrain / Dentsu Consulting

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Published by lapresseenrevue - dans JANVIER 2017
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Quand l’émission politique vous dégoûte de la politique
Vendredi, 6 Janvier, 2017
Humanite.fr
Réentendre les arguments de Valls sur l’utilisation du 49-3 ne manquait pas de saveur quand le candidat Valls dit vouloir en finir avec cet article… sauf pour les débats budgétaires. Photo : Patrick Kovarik/AFP
Réentendre les arguments de Valls sur l’utilisation du 49-3 ne manquait pas de saveur quand le candidat Valls dit vouloir en finir avec cet article… sauf pour les débats budgétaires. Photo : Patrick Kovarik/AFP

Manuel Valls était hier soir l’invité de « l’Emission politique » de France 2. Il fallait s’intéresser à la manière dont fonctionne cette émission en fonction de la personnalité de ses invités. Car le contenu des échanges entre l’ancien Premier ministre de François Hollande, les journalistes de la chaîne publique, les trois citoyens invités à questionner le candidat de la primaire, sans oublier  « l’invité surprise » en la personne de Thierry Solère, député Les Républicains des Hauts-de-Seine, en disait long sur la conception même de ce type d’émission.

L’émission fut d’abord une mise en exergue des déclarations contradictoires d’un Manuel Valls en fonction du public auquel il s’adresse et le moment où il s’adresse à ce public, entre l’homme qui voulait changer le nom du Parti socialiste pour faire alliance avec tout ou partie de la droite et celui qui redevient socialiste devant le passage par le vote des militants et sympathisants de ce parti pour pouvoir être désigné candidat à l’élection présidentielle. Réentendre aussi ses arguments sur l’utilisation du 49-3 pour faire passer deux textes de loi comme Premier ministre ne manquait pas de saveur quand le candidat Valls dit vouloir en finir avec cet article… sauf pour les débats  budgétaires.

Face aux candidats de la droite lors de la même émission, François Langlet, journaliste économique de France 2, optait volontiers pour une posture de journaliste de gauche en posant des questions susceptibles de le mettre  en difficulté. Face à un Manuel Valls se disant socialiste, François Langlet retrouvait hier soir ses idées bien à droite sur l’économie. Ce qui conduira Valls à dire que « la gauche a trop cédé au libéralisme et aux forces de l’argent par le passé ». Langlet dira tout de même que chaque création d’emploi via le « Pacte de responsabilité » a coûté 260 000€ au budget de l’Etat avec Manuel Valls à Matignon.

L'Émission politique, une machine à dégoûter les gens de la politique

Virent ensuite les confrontations avec trois personnes, suite à la visite d’un foyer de jeunes travailleurs que la précarité de l’emploi empêche d’accéder à un logement. France 2 avait choisi une jeune musulmane, instruite et chef d’entreprise pour défendre le port du voile au nom du libre choix des femmes. Avec un argumentaire qui consistait à suggérer au téléspectateur que le port de ce tissus plus ou moins voyant était en toutes circonstances un choix  individuel sans aucune pression d’aucune sorte. Ni dans certaines de nos banlieues, ni en Arabie saoudite ou en Iran serait-on tenté de conclure en écoutant cette personne, encouragée par Karim Rissouli de la rédaction de France 2. Puis ce fut Cédric Herrou, ce paysan de la vallée de la Roya pour qui cacher des migrants est un « devoir de citoyen » comme il l’a expliqué dans de mercredi. Il est poursuivi pour cela alors qu’une déclaration de l’ancien ministre de l’Intérieur Manuel Valls en début de quinquennat nous indiquait que ce type de poursuite n’avait pas lieu d’être. Le dialogue fut difficile et confus en duplex hier soir et peu de téléspectateur y auront vu plus clair au terme de cette émission.

Venait ensuite Olivier Mathiot, PDG de Price Minister. Il s’agit d’une entreprise commerciale de vente en ligne qui a été créée voilà quelques années par le cousin d’Olivier Mathiot qui n’est autre que Pierre Kosciusko Morizet. Lequel l’a ensuite vendue à des capitalistes japonais en y plaçant son cousin à sa tête. Un cousin qui est déjà millionnaire en vivant du travail des autres et qui s’est fait remarquer en étant à la tête des « pigeons », ces jeunes patrons qui ne créent aucune richesse, exploitent des auto-entrepreneurs comme le font les proxénètes avec les gens qui sont sous leur coupe. Les « pigeons » autoproclamés refusent aussi de payer des impôts considérant que leurs boites à fric doivent grandir vite pour ne pas se faire manger par les concurrentes du même type. Bref c’est un pur produit du parasitisme économique que David Pujadas et Léa Salamé avaient invité pour tenter ne faire croire aux téléspectateurs que ces nouveaux parasites d’aujourd’hui seront les créateurs de richesse de demain.

Voilà qui ouvrait un boulevard à Thierry Solère en fin d’émission pour défendre de projet thatchérien de François Fillon. Il pouvait même se permettre de dire que dans un pays qui compte 9 millions de pauvres et 1 million de chômeurs de plus qu’il y a cinq ans, le candidat de la droite ferait forcément mieux que l’ancien premier ministre de François Hollande. D’une certaine manière, « L’Emission politique » d’hier soir a fonctionné comme une machine à dégoûter les gens de la politique.

Journaliste et auteur
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Published by lapresseenrevue - dans JANVIER 2017

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